dimanche 10 mai 2009

Même pas peur d'abord...

Dans neuf coups, le minuit lugubre serra là. Lui, il est là, sur son bureau. Face à la fenêtre. La pluie tombe. Il est pensif. « Ça y est, il est minuit... Et allez, comme chaque année, ça va être la même rengaine... Ma Mère va venir dans quelques secondes taper à ma porte... Je hais se soir... » Le temps passe, mais elle n'arrive toujours pas. L'orage s'intensifie, et le tonnerre gronde. La pluie frape de plus en plus fort sur la vitre. « Je vais lire un peu en attendant l'exécution du plan habituel... » Il se lève, va vers la bibliothèque. Il prend un livre... Histoires Grotesques et Sérieuses d'Egard Poe. Un de ses favoris. Il retourne s'assoir et commence à lire. Avant d'arriver à la vingtièmement page, il entend un bruit dans l'allée. Sans se lever de sa chaise, il jette un œil à la fenêtre. Trois enfants parcourent l'allée. « Ça y est, ils sont là, ça va recommencer. Comme chaque année... » Les enfants tapent à la porte, on leur ouvre, et ils repartent. « Mais que fait Maman ? Elle devrait déjà être montée... » Il se lève, se dirige vers la porte, l'entrouvre et écoute. Il entend sa Mère parler avec son Père. Comme tout le temps, ils crient. Il referme sa porte et retourne à sa lecture. Les vagues d'enfants, tantôt accompagnés d'adultes, tantôt seuls, se succèdent, et viennent s'écraser à la porte d'entrée, et repartent, comme repoussés par la paroi rocheuse de la maison. Dans l'allée, que ce soit à l'aller comme au retour, les enfants dansent et chantent... Leur joie lui rappelle à quel point il est seul dans l'immensité de sa chambre. Qui ne l'est pas tant que ça en réalité, mais le ombres et les éclairs qui se jettent à corps perdu dans la pièce, se reflétant dans les miroirs, la rendent plus grande. Il fini la première histoire de son livre, quand on tape à la porte, de la chambre cette fois... « Maman ? C'est toi ? » « Non ! C'est ton Père... Ta Mère va venir d'ici une demie heure avec tes apparats... » « Oh, d'accord. » La discutions s'était faite porte close. Lui et son père ne sont plus en bon termes depuis trois ans. Depuis se soir tragique. Le même que ce soir. C'est en partie pour ça qu'il n'aime pas ce soir de l'année. Alors que tous les autres enfants s'amusent et chantent dans les rues déguisés en monstres, lui il combat le sien, l'empêchant de refaire surface. Il s'agit d'un souvenir trop douloureux pour qu'il le laisse ressurgir. Alors, chaque année depuis trois ans, tous les soirs et plus encore se soir là, il s'assoie face à son bureau, et une photographie de sa Mère, quand elle était encore là pour lui à chaque fois qu'il en éprouvait le besoin. Cette présence maternelle, et chaleureuse, lui manque. Il attend encore sa Mère, pourtant, il sait qu'elle ne viendra pas, mais il ne veut pas l'admettre. Du moins pas encore, c'est trop dur pour lui. Son esprit n'est pas prêt. Sa Mère était une grande styliste, du moins dans leur village, ailleurs personne ne la connait. Elle aimait créer différentes tenues, si bien qu'a chaque soir d'halloween, il pouvait se venter d'avoir un des plus beaux costumes. Un soir, où il attendait dans sa chambre qu'elle viennent le chercher, il a entendu une conversation plus que mouvementée à l'étage du dessous. Les cris de sa Mère, piquant sa curiosité au vif, le poussèrent à descendre voir ce qu'il se passait. Qu'elle erreur ! Aussitôt arrivé au bas des escalier, il put entrevoir dans l'encadrement de la porte de la salle à manger, son Père et sa Mère en train de se disputer plus que violemment. Il voulu s'interposer, mais son Père le repoussa avec force. Impuissant, il s'assoit dans les escaliers, se repliant sur lui même, et assistant au terrible spectacle.

Son Père reprochait à sa Mère ses sorties plus que fréquentes. Il la soupçonnait de le tromper. Un soupçon sans fondement, car il n'en a jamais eu la preuve. Comme elle était une styliste très reconnue dans son village, elle sortait souvent pour se rendre chez le gens afin de prendre leurs mesures, pour leur confectionner des tenues tailler sur mesures. Ce qui lui fit penser qu'elle le trompait, c'est le fait qu'elle partait de plus en plus tôt, et rentrait de plus en plus tard. Ses visites s'éternisaient. Quand elle lui disait qu'elle allait chez une femme, ça ne lui posait aucun problème qu'elle rentre tard. Mais depuis un certain temps, elle avait élargie sa clientèle et faisait maintenant des habit pour homme. Cette idée ne lui plaisait guère, il lui avait déjà dit, mais elle ne voulais rien entendre. En réalité, si ses visites chez les gens se faisaient de plus en plus longues, c'est parce qu'il s'était mis à boire, et qu'il a l'alcool violent. Elle ne pouvait plus rester à la maison sans se faire engueuler et traiter de tous le noms d'oiseaux. Elle avait donc décidé d'allonger le temps de ses visites, mais cela ne suffisant pas, elle commença alors à créer des tenues pour hommes. En élargissant ainsi sa clientèle, elle élargissait son temps passé dehors. Ces derniers temps, elle avait même décidé de travailler le week end.. Lui, ça ne lui plaisait pas. Il lui en avait parlé. Ensemble, ils ont essayé de trouver une solution, il avait promis d'arrêter de boire, et elle, de travailler les week ends. Ça n'avait pas fonctionné longtemps. En peu de temps il se remit à boire, et à l'insulter, la traitant de fainéante, parce que pour lui, tailler des habits, ce n'est pas un travail. Elle n'avait pas le droit d'être fatigué, et faisait volontairement un vacarme de tous le diables si elle avait le malheur d'aller se coucher avant lui. Elle avait donc recommencé à travailler les week ends, parfois même, elle restait chez ses clients. C'est quand elle a commencé à rester dormir chez les gens, qu'il à commencé à la traiter de trainer, et qu'il a cru qu'elle le trompé. Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il y avait du vrai dans ses divagations d'alcoolique. En effet, il lui arrivé de tromper son mari. En plus d'être devenu violent à cause de l'alcool, ses compétences au lit se sont aussi dégradées, toujours à cause de l'alcool. Il commencé à avoir des fantasmes étranges, parfois très violents, et elle, ça ne lui plaisait pas. Au fur et à mesure que le temps passait, leur relation se dégradait. Elle était sur le point de demander le divorce. C'est d'ailleurs le sujet qui a entrainé la dispute de ce soir d'halloween il à trois ans. Il reste assis dans son coin, et regarde ses parents se détruire l'un l'autre. La Mère à coup de paroles blessantes, et le Père, à coup de poing. Un coup de trop, et sa Mère tombe au sol. Pris de panique, le Père la relève, mais elle semble inconsciente. Il hurla à son fils de se précipiter dans la voiture, qu'il allait l'y rejoindre. Le temps qu'il attache sa ceinture, son Père arrivait déjà avec à son bras sa Mère, toujours inconsciente. Il la dépose sur le siège arrière, et démarre la voiture. Sur la route, le jeune homme put voir tous les enfants qui s'amusaient, et il avait du mal à se faire à l'idée, que cette année, il ne serrait pas avec eux. Il ne le savait pas encore à cette époque, mais il ne les rejoindra jamais plus. Sur la route, son Père conduisait brutalement, si bien qu'un virage pris trop rapidement fit renverser sa Mère sur lui. Sa tête vint se poser sur son épaule. « Elle semble calme et endormie. » Se dit-il. Son Père n'arrêtait pas de dire : « Je suis désolé mon Fils, je ne voulais pas ça ! » Pas ça quoi ? Au bout de quelques minutes, il senti sur son épaule une chose chaude. Il tourna la tête pour prendre connaissance de ce nouvel événement. Il vit le haut de sont T-Shirt se teinter de rouge. Le sang coulait paisiblement le long de la nuque de sa Mère, et venait trouver refuge dans le creux de son coup, dormant aussi paisiblement que sa propriétaire. Ils arrivèrent vite à l'hôpital, mais pas assez... Sa Mère était morte sur son épaule... En état de choc, il est resté inconsolable toute une année. Lui et son Père voyaient régulièrement un psychologue. Alors que, péniblement, il se remis, son Père est encore aujourd'hui marqué par ce drame. Si bien, que parfois, il se plait à mettre les habits que sa femme confectionnait. Et depuis, chaque soir d'halloween, il monte dans la chambre de son Fils avec un costume pour la soirée. Mais ce soir, il n'est pas là. Du moins pas encore. Il arrivera bientôt... « Dans une demie heure... »

Un quart d'heure vient de passer. C'est bientôt l'heure. Les enfants continuent de se succéder par vagues devant la maison. Et tous repartent en chantant « Tricks or Treat »... « Pfff, « des farces ou des sucreries »... Ça fait trois ans que je ne fais plus de farce et que je n'ai pas de sucreries... Quand je sorts dans la rue, tout ce que les gens disent c'est « Ah regardez, c'est l'enfant du travelo »... Je hais vraiment cette fête... C'est bien parce que c'est ma façon de rendre hommage à ma Mère que je continu... Je souffre une seule fois par an, c'est bien moins que ce qu'elle a endurée Elle... » Le temps ne passe pas assez vite, et ce dernier quart d'heure semble durer une éternité... Il voit de plus en plus d'enfants venir s'échouer à sa porte, avant de repartir, soufflets au large, par le Père. L'orage se fait plus fort, et les éclairs projettent les ombres des arbres devant sa chambre, sur le mur derrière lui. Elles y dessinent un spectacle fascinant et effrayant à la fois. Il détache son regard de cette fresque macabre et se replonge dans sa lecture. Plus que cinq minutes et la Mère ne va pas tarder à arriver. Il attend ces dernière minutes dans le froid de sa chambre... Une buée sort de sa bouche à chaque soupirs. Elle attend, tapis derrière ses dents, pour bondir, dès qu'il ouvre sa bouche, sur un proie invisible... Les cinq minutes sont finies, mais Elle n'est toujours pas là... Inquiet de ce retard, il se lève pour aller à la porte. Il entend crier. Il y a deux voix, une masculine, et une qui s'efforce d'être féminine. Les Parents se disputent à nouveau. La demie heure va connaitre des prolongations... Il s'assoie dans l'encadrement de sa pote, et y reste en silence, un œil sur le spectacle des ombres dansant sur le mur, et une oreille sur ce qui se passe en bas... La voix de l'Homme se fait de plus en plus forte et prend le pas sur celle de la Femme. Un dernier cri, et la voix de la Femme semble s'être éteinte... Il ne reste que le Père. Il fait les cent pas. Lui, il se lève, et retourne à son bureau pour tenter de se replonger dans sa lecture. Dehors la pluie a cessé. La demie heure est maintenant plus que passée, la maison semble vide, seul le bruit des pas du Père retenti dans le silence de mort qu'il règne à présent... Dans le calme et la pénombre, il entend tout ce que fait le Père. Le bruit de ses pas est rapide et répétitif, et semble s'étouffer... « Il doit sûrement retourner à la cave... Comme toujours ». La cave, elle est sous sa chambre à Lui, deux étages en dessous pour être exact. C'est là qu'il va à chaque fois, avec sa Mère quand ils se disputent, depuis la tragédie d'il y à trois ans. Le Père n'insulte plus la Mère, et c'est elle qui lui fait des reproches. Elle l'insulte et le fait passer pour un moins que rien « Battre ta femme ! Tu n'as pas honte ? Je vois que tu deviens aussi courageux que performant sexuellement !! » Il répond à chaque accusations par des salves de coups de poing. Mais sur quoi tape-t-il ? Chaque coup résonne sur un plaque de métal, peut être le chauffe-eau... Grâce à ce silence d'église, le moindre bruit dans la maison ne peut pas lui échapper, et les vagues d'enfants semblent s'être arrêtées, comme s'est arrêté l'orage. Il n'y a donc rien qui puisse parasiter son ouïe... Il tend l'oreille. La voix de la Femme se fait entendre à nouveau, elle est tremblante. Elle supplie. L'Homme donne un ton sévère à sa voix, et après les bruits de fracas, ces mots sont lâchés : « Il me faut finir ce que j'ai commencé il à trois ans !Je n'en peux plus ! ». « Mais qu'est ce qu'il veut finir ? » se demande le Garçon. Au bout de quelques minutes, un ultime cri de douleur est poussé par la Femme. Et rein de plus. Peu de temps après, le pas du Père se fait entendre. Beaucoup plus lourd et décidé que précédemment. Le bruit de chacun de ses pas est suivit, parfois, d'un autre son. Plus métallique cette foi-ci. Il est maintenant dans le salon, son pas est suivi d'un grincement sur le parquet. Lui, il se retourne et se concentre sur sa lecture, pour ne pas entendre l'approche de son père, qui est maintenant dans l'escalier. Il est dans le couloir. Après y avoir fait les cent pas, il vient frapper à sa porte. « Mon Fils, ouvre cette porte ! C'est l'heure de partir... » « Mam... Non ce n'est pas Elle... C'est impossible. » Il se lève et ouvre la porte. Dans la faible lueur provenant d'en bas des escalier, il aperçoit la silhouette massive de son Père, et dans le prolongement de son bras, une forme semblable à celle d'une pelle. La Masse sombre s'élève, son extrémité plate, allongée et en forme de pointe cache le peu de lumière provenant du salon, et seul un liseré de clarté faiblarde en dessine les contours. La pelle s'abat.

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