A 10h, la maîtresse nous a annoncé que c'était l'heure de la récréation. Tous les enfants se sont rués dans la cour... sauf moi. Je voulais m'asseoir à sa place, tourner les pages de son cahier et tenir ce stylo qu'il avait tenu quelques minutes auparavant. D'une certaine manière j'étais comme assise sur ses genoux, en train de lui tenir la main.Mais la voix de la maîtresse qui me disait qu'il fallait sortir me ramena à la réalité.
Je suis donc sortie rejoindre mes copines qui jouaient à la marelle, tout en scrutant la cour pour voir où il était. Du côté des cages de foot, il criait pour qu'on lui fasse une passe. A côté il y avait les groupies de ma classe qui se dandinaient dans leur cerceau. Elles m'agaçaient à toujours faire leur intéressante !!! Heureusement la sonnerie qui annonçait la fin de la récré retentit avant que je puisse élaborer un plan pour me venger.
[Oui, j'étais jalouse de ces filles qui attiraient plus les yeux des beaux garçons (comme lui) que moi]. J'aurai pu coller un chewing-gum sur leur chaise ou, chose que je faisais très souvent, enduire un bout de papier de blanco, le plier et le faire passer à la personne qui se trouve à côté. Pensant que c'est un simple mot elle l'ouvre sans faire attention au blanco pas encore sec qui recouvre ses doigts.
Mais assez rêvé, j'étais maintenant assise à sa gauche et la maîtresse reprenait son cours de géométrie. A chaque fois qu'il me demandait ma règle, je faisais en sorte que ses doigts effleurent les miens. Grand, brun et un regard de braise qui me faisait fondre, voilà comment était mon amoureux du primaire.
Le soir je l'ai attendu au portail de l'école parce-que je voulais lui parler (ou plutôt lui donner quelque chose). Plus il s'approchait et plus je me posais des questions : Est-ce qu'il va aimé ? Ca fait pas trop nunuche de lui donner ça ? ... Mais pas le temps d'y répondre, il était déjà là.
"Tiens Quentin c'est pour toi."
Je lui tend un objet rose.
"Oh merci ! Mais c'est quoi ?"
Et à moi de lui répondre "La clée de mon coeur" avant de m'enfuir en courant jusqu'à la voiture où ma mère m'attendait.
Cette clée c'était celle qui permettait d'actionner la musique de mon Pollypocket préféré. Autant dire qu'à cette époque c'était mon bien le plus précieux.
Je crois sincèrement que je me rappellerai toujours de ce moment là, tout comme du jour où j'ai reçu une carte postale de lui qui me racontait ses vacances en Alsace. Cette carte je l'ai tellement lu et relu qu'elle doit être usée et son "gros bisous" de la fin m'a toujours laissé rêveuse.
Mais notre histoire de s'arrête pas là. Onze ans plus tard, le hasard a voulu que l'on se retrouve dans la même fac. Je vous laisse imaginer la joie que j'ai ressenti même si pendant toutes ces années on avait eu le temps de connaître de nouvelles histoires.
Comme quoi, un premier amour ne s'oublie pas.
vendredi 17 avril 2009
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