vendredi 17 avril 2009
Super-woman
Une chambre, lumière tamisée et radio allumée.
Elle, assise à son bureau, un stylo à la main et un agenda plein.
Résignée, elle commence à étudier.
21H15
Une fois le travail bien avancé, son téléphone sonne. Elle se lève, décroche et entend une voix familière au bout du fil.
- Bonsoir mamé
- ...
- Comment tu vas ? Pas trop d'apréhension pour dimanche ?
- ...
- Et oui je comprend, c'est la première fois que tu pars sans papé en Italie... Mais ne t'inquiète pas, tout se passera bien.
Une fois la mamie rassurée, elle se rassoit et reprend à l'endroit où elle s'était arrété.
21H30
Noir complet dans la pièce. Fusible grillé ? Coupure de courant ?
Elle allume la lampe torche de son portable et se dirige vers le disjoncteur. Autant dire qu'elle a mis cinq bonnes minutes avant de l'atteindre car la porté de sa lampe ne dépasse pas les un mètre. Pas le temps de la diriger sur le compteur que la lumière était revenue.
Etonnée mais soulagée, elle regagne sa chambre en chantonnant.
21H45
Elle se rassoit et contemple le mur qui lui fait face quand une deuxième sonnerie la sort de ses rêves. Elle se lève, décroche, mais cette fois rien, personne au bout du fil.
Cinq minutes plus tard, idem. Cependant, le silence de l'appel précédent a été remplacé par une forte respiration.
- Allo ! Allo ? Il y a quelqu'un ?!
A l'instant même où elle raccroche, la radio se met à grésiller, à changer de station et elle s'arrête sur : "Flash spécial, un tueur en série s'est échappé de la prison de Nîmes" avant de s'éteindre brusquement.
22H15
De violents coups de vent tapent contre les carreaux et un bruit de verre brisé se fait entendre. Une fois les morceaux ramassés, elle file à la salle de bain et ouvre le robinet d'eau chaude.
En attendant que la baignoire se remplisse, elle prépare ses affaires pour le lendemain, tout en textotant une copine.
22H25
De retour dans la salle de bain, la buée a envahit toute la pièce. Elle se déshabille, se prélasse dans l'eau chaude et ferme le rideau sans même remarquer qu'une inscription avait été faite sur le miroir.
22H50
Toute propre et relaxée, elle s'apprête à sortir du bain ; elle ouvre le rideau.
Quand, sortit de nul part, un homme se trouve là, face à elle.
A peine le temps de lire "Tu seras la prochaine" qu'il brandit un couteau sous ses yeux.
*
*
*
Son corps gisant dans le Canabou fut retrouvé quelques jours plus tard. Après l'autopsie, les policiers révélèrent qu'il s'agissait du teur en série qui était recherché pour évasion.
La meilleure défense étant l'attaque, elle lui avait sauté dessus, elle lui avait planté ses doigts dans les yeux, elle lui avait arraché une oreille, elle l'avait frappé de toute ses forces si bien qu'il perdit son équilibre. Avant de toucher le sol, sa tête était allé frapper le coin du lavabo.
23H05, tout était fini. Elle avait réussi à prendre le dessus sur lui.
Avant de se débarasser du corps, elle avait mit un papier dans la poche droite de son jean sur lequel les policiers ont pu lire LA ROUE TOURNE !
Une rencontre malheureuse avec le monde
Un M comme la Maladie qui t'a emporté et le Malheur qu'elle nous a causé.
Un O comme l'Omniprésence de ton souvenir et l'Obstacle auquel nous avons été confronté.
Un R comme le Retour que tu feras jamais et ces Rêves qui me hantent encore aujourd'hui.
Et un T comme Tu me manques !
[ Je t'aime papi ]
Mes premiers émois !
Je suis donc sortie rejoindre mes copines qui jouaient à la marelle, tout en scrutant la cour pour voir où il était. Du côté des cages de foot, il criait pour qu'on lui fasse une passe. A côté il y avait les groupies de ma classe qui se dandinaient dans leur cerceau. Elles m'agaçaient à toujours faire leur intéressante !!! Heureusement la sonnerie qui annonçait la fin de la récré retentit avant que je puisse élaborer un plan pour me venger.
[Oui, j'étais jalouse de ces filles qui attiraient plus les yeux des beaux garçons (comme lui) que moi]. J'aurai pu coller un chewing-gum sur leur chaise ou, chose que je faisais très souvent, enduire un bout de papier de blanco, le plier et le faire passer à la personne qui se trouve à côté. Pensant que c'est un simple mot elle l'ouvre sans faire attention au blanco pas encore sec qui recouvre ses doigts.
Mais assez rêvé, j'étais maintenant assise à sa gauche et la maîtresse reprenait son cours de géométrie. A chaque fois qu'il me demandait ma règle, je faisais en sorte que ses doigts effleurent les miens. Grand, brun et un regard de braise qui me faisait fondre, voilà comment était mon amoureux du primaire.
Le soir je l'ai attendu au portail de l'école parce-que je voulais lui parler (ou plutôt lui donner quelque chose). Plus il s'approchait et plus je me posais des questions : Est-ce qu'il va aimé ? Ca fait pas trop nunuche de lui donner ça ? ... Mais pas le temps d'y répondre, il était déjà là.
"Tiens Quentin c'est pour toi."
Je lui tend un objet rose.
"Oh merci ! Mais c'est quoi ?"
Et à moi de lui répondre "La clée de mon coeur" avant de m'enfuir en courant jusqu'à la voiture où ma mère m'attendait.
Cette clée c'était celle qui permettait d'actionner la musique de mon Pollypocket préféré. Autant dire qu'à cette époque c'était mon bien le plus précieux.
Je crois sincèrement que je me rappellerai toujours de ce moment là, tout comme du jour où j'ai reçu une carte postale de lui qui me racontait ses vacances en Alsace. Cette carte je l'ai tellement lu et relu qu'elle doit être usée et son "gros bisous" de la fin m'a toujours laissé rêveuse.
Mais notre histoire de s'arrête pas là. Onze ans plus tard, le hasard a voulu que l'on se retrouve dans la même fac. Je vous laisse imaginer la joie que j'ai ressenti même si pendant toutes ces années on avait eu le temps de connaître de nouvelles histoires.
Comme quoi, un premier amour ne s'oublie pas.
dimanche 12 avril 2009
Et le Printemps commence à poindre...
Nous étions le 10 Mars 1994, le Printemps commençait à poindre, et ma petite sœur venait de naître.
dimanche 5 avril 2009
Souvenirs souvenirs
Bref, ce jour-là, mes parents, mon petit frère (alors âgé de deux ans et demi) et moi allions fêter Pâques à la ferme de mes grands-parents à Roquemaure. J'adorais cet endroit, il y avait un tas de trucs, dont je ne soupçonnais même pas l'utilisation mais j'aimais jouer avec. Il y avait aussi Ibis et Oscar, le colley et l'épagneul breton de mon grand-père, mes deux meilleurs amis de l'époque. On se promenait dans les champs, puis j'allais dans le poulailler, pour tenter de faire voler les poules. Je pense que ma mère ignorait tout cela, car ce jour-ci, elle décida de me mettre une belle robe blanche brodée et des petites sandales ouvertes assorties.
J'étais fière, mais l'appel de la nature était plus fort.
Durant l'apéritif, (qui ne m'intéressait pas encore à l'époque), je suis sortie et allée vers la remise, comme toujours mon grand-père l'avait fermée. Mais sur le chemin de retour, j'ai vu (malheureusement pour ma mère), une grosse boîte carré en fer avec un robinet tout en bas. Cette découverte avait l'air marrante, puis un robinet c'est fait pour être tourné et s'il y avait des poissons emprisonné à l'intérieur?
J'ai tourné ce fameux robinet, mais au lieu des poissons c'est du fioul qui s'est déversé sur ma robe toute neuve et jusqu'alors d'un blanc éclatant.
J'entendis alors: « Aurélie! Où es-tu? On passe à table! ».
Mince! Ma mère m'appelait, je décidai de faire le tour de la maison, le temps de trouver une alternative. Mais mon père et ma mère s'étaient partagé le travail pour me chercher et en faisant le tour, je suis tombé sur mon père. Après une bonne fessée, m'ayant donné quelques rougeurs aux fesses, ma mère m'a déshabillée, m'a nettoyé et m'a mis dans la cour, dehors, croyant qu'en petite culotte j'aurai honte.
Plus préoccupée par cette fessée humiliante, têtue comme je l'étais (et comme je le suis toujours), je décidai de partir, d'aller chez Lionel, en petite culotte et pieds nus.
Oh!Lionel!
C'était le fils des amis de mes parents. Lionel Pruné! Il était grand, beau et fort, il avait douze ans tout de même. Il habitait pas loin de chez mes grands-parents, à dix minutes en passant par les vignes. Mes pieds me faisaient mal, mais au loin j'apercevais sa maison, la douleur commençait à s'estomper; j'allais retrouver mon amoureux!
Une fois devant le portail, j'ai entendu du bruit du coté de la piscine, il n'était pas seul, il était avec une fille et un garçon. Moi, bien décidée à voir l'homme de ma vie, j'ai fait le tour de la cour je me suis présentée devant Lionel (et le groupe aussi, par conséquent). Lionel s'est mis à rire, suivi de ses deux amis, et m'a dit: « Mais Aurélie! Qu'est-ce-que tu fais là? Tu es en culotte! ».
Il montrait ma culotte à bisounours du doigt, en se moquant. Mes yeux bleus plongés dans les siens, et si pleins d'admiration, s'étaient remplis de larmes. Je m'enfuis et, en chemin, je méditais sur la « honte ». Finalement mes parents avaient réussi à me punir, car certes je n'avais pas eu honte dans la cour de mes grand-parents mais j'avais enfin ressenti ce sentiment si angoissant, oppressant et si déstabilisant devant mon grand amour, cela était encore pire.
Une fois revenue à la maison de papé, ma mère qui me cherchait depuis dix minutes, me serrait dans ses bras, en criant: « Mais où étais-tu passée? ». Ouf! J'étais passé au travers d'une autre fessée!
Puis ma profonde tristesse s'est envolée quand je suis allée chercher les oeufs de Pâques dans le jardin, avec mon nouvel amoureux: Christophe, le fils d'un couple d'amis à mes parents, eux aussi, invités au repas.
Achard Aurélie LM2