vendredi 9 janvier 2009

Le sac 2

« Holà Roger, pourquoi tu es courbé comme ça ? Tu t'es fait mal au dos ? »
« Oui, je te raconte pas... L'autre jour je suis parti faire une ballade, j'avais besoin de prendre un peu l'air, et je suis allé faire un tour en montagne. »
« Tu pouvais pas ouvrir la fenêtre comme tout le monde ? »
« Non, mais si tu continues à me couper tu ne sauras jamais pour quoi j'ai mal au dos... Donc je disais, je suis allé faire un tour en montagne. Au début, ça allait bien, j'avais pris des provisions, des fois que ma ballade dure longtemps. J'ai décidé de passer par la grande prairie, et... »
« Et là, tu as vu une petite maison, c'est ça ? »
« Michel... Si tu ne veux pas être émasculé, arrête de me couper la parole...J'étais donc, dans la prairie, quand la faim me prit. Je me suis assis au milieu des castors et de vaches. »
« Et ton mal de dos alors ? »
« J'y viens, j'y viens. Après m'être reposé, je suis reparti, et au bout d'un certain temps j'ai commencé à sentir que mon sac était de plus en plus lourd... :

« Bon, voyons pourquoi ce sac est si lourd… Qu'est ce donc ? Ah oui ! Le castor que j’ai pris en bas de la montagne. Là c’est le fut de bière, mon kit de survie. Une poêle pour me défendre contre les bêtes sauvages, des chaussures à talon, pour m’accrocher aux parois à escalader, sans oublier les cailloux ramasser sur la route. Tiens, une boite, il y a quoi dedans ? Les fusées de détresses?… Elles restent ici. Elles ne me servent à rien… Sans les fusées, ça devrait aller…Ah non, toujours aussi lourd. Forcément, si je part avec mon sommier… Allez, tu restes là, et je repasses te prendre au retour. Mais non ne pleure pas, c’est bon, je reviens te dis-je ! La table, non je la garde, ça peut toujours servir. Je suis sûr qu’en laissant la brosse à cheveux ici, ça sera bon. En effet, c’est moins lourd mais pas assez… Il y a quoi d’autre ?... Mais qu’est-ce donc ? Ma sœur ! Allez fille, on t’attend à la maison. Et récupère le chat aussi. Dis à maman que l’aquarium, c’est moi qui l’ai, il est là dans le sac. Par contre les poissons, ils se sont fait manger par la poêle. Je dois pouvoir repartir maintenant. »

Quelques mètres plus loin et après un ramassage de cailloux et d’animaux abusif :

« Ce sac est toujours aussi lourd… Je vais laisser le touriste japonais ici. Les roues de vélo aussi. Je vais manger la marmotte et boire tout le fut de bière. »

Après avoir fini la bière :

« Punaise, maintenant c’est moi qui suis trop lourd. On va encore vider le sac pour compenser. La machine à laver elle reste là, finalement, je laverais le linge en rentrant. Pareil pour le sèche cheveux, je pousserais la neige, au lieu de la faire fondre. Non mais franchement ! Quel bazar la dedans… Mais quelle idée aussi d’avoir pris le sac de Dora l’exploratrice ! On peut tout y mettre ! »
« Sac à dos, sac à dos !! »
« Oh toi le sac silence !! Il n'y a rien d’autre ? C’est bon, j’y vais alors. »

« Et voilà comment je me suis fait mal au dos. »
« A cause du sac trop lourd ? »
« Non, c'est par ce que j'ai glissé dans une descente. Le sol était gelé, c'est quand je suis arrivé en bas de la montagne que je me suis souvenu que le touriste japonais devait me servir de luge... »
« Ah... Mais en fin de compte, tu as trouvé ce qui était si lourd dans ton sac ? »
« Comment ? Ah oui, j’ai continué ma route droit devant, je me suis encore arrêté une fois, mes sœurs m’avais mis 10 kilos de plomb au fond du sac… Mais en arrivant, j’ai enfin trouvé de quoi il s’agissait. »
« Et alors ? »
« C’était le poids de mon imagination je crois. Et la bouteille d’eau. Bon, je dois appeler la famille du japonais pour leur dire qu'il s'est perdu en montagne... »

1 commentaire:

Tristan a dit…

Et voici la version finale, que j'aime beaucoup aussi !