lundi 6 octobre 2008

Et le monde fut créé...

Au commencement, il y avait une énorme goutte de lait alors arriva Doondari et il créa la pierre. Mais comment cela est-il arrivé? Tout n'était qu'un immense sablier. Néanmoins, il n'était pas rempli de sable comme les autres mais de lait qui restait en suspens dans la partie supérieure.
Quand soudain une légère vibration sortie tout droit du néant qui entourait ce sablier le percuta et amorça le compte à rebours. Une goutte tomba, une vibration frappa et ainsi desuite. Tout s'enchaina dans une alternance infinie. Et c'est comme cela que le vent et la mer furent crées.
Les ondes provoquées par le vent froissaient la peau laiteuse de cette mer. Puis, Doondari arriva, on ne sait d'où ni comment mais certains se plaisent à croire qu'il est né d'une vibration maritîme et que le vent l'a emporté hors du sablier et qu'une fois adulte et accompli, il revînt vers sa mère se blottir dans ses bras fluides et blancs comme la neige. Mais tout a une fin et celle-ci se retira dans les bas fonds. La mer perdit sa couleur pure et ne devînt que l'ombre de la peau grisâtre de la défunte qui reposait six pieds en dessous d'elle. De là, se séparèrent l'eau et le lait qui devînt le sable, les cendres d'une âme éteinte. Doondari venait de perdre une moitié de lui, une moitié de vie.
Alors, le vent gémissant en canon avec lui, emporta ses larmes dans la partie supérieure du sablier. Elles stagnèrent comme aux premiers instants et se cristallisèrent formant ainsi un ciel de lait. Mais Doondari ne put freiner sa peine et le vent ne put arrêter l'ascension de ses larmes. L'espace manqua et le verre du sablier trop plein éclata laissant les larmes cristallisées en apesanteur. Elles étaient devenues dures comme du marbre et aussi rondes qu'une noix de coco dont le lait aurait caillé et elles rencontrèrent la mer qui s'agrippa à elles. La Terre fut créée. Alors les cendres de la défunte s'éparpillèrent dans le néant qui s'illumina de mille feux. Les poussières d'étoiles prirent place, l'univers apparut et le soleil, la plus grosse étoile, le coeur d'une mère, s'embrasa comme une torche.
Au commencement, il n'y avait qu'une énorme goutte de lait et Doondari arriva et il créa la pierre. Comme quoi, il a suffit d'un peu de lait et de l'enfant d'une onde pure pour réaliser une parcelle de terre, des mers, une faune, une flore, un petit monde et un cycle de vie.

1 commentaire:

Virginie Lou a dit…

Je relis ton texte après avoir lu tes poèmes, et j'y retrouve la "patte" faite de tendresse et d'une certaine nostalgie. Mais il souffle ici un vent cosmique très touchant.