Mon coucou vient de sonner les douze coups de minuit. Éveillée, je sens que la soif me saisit de plus en plus la gorge: il faut se lever et boire un petit peu sinon le sommeil ne viendra pas. Parvenue à la cuisine, j’attrape un verre à la volée mais manque de bol je ne boirai pas encore puisque je le lâche et après une chute vertigineuse, il s’éclate au sol en mille morceaux. Je me baisse pour nettoyer ma maladresse mais cette nuit, la malchance me colle à la peau et le débris du verre m’entaille la paume de la main. Mon esprit est en veille (seuls mes instincts primitifs me guident) alors je ne réagis pas immédiatement mais porte simplement ma main près de mon visage pour me rendre compte visuellement de ma blessure. Une traînée de sang sur la ligne de vie. La douleur ne se ressent qu’à peine cependant, je ne comprend toujours pas ce qui s’est passé. Quelle est cette imperfection sur la route de ma vie? Je vois le sang s’étaler et sécher peu à peu. Suis- je en train de rêver? Je ne sais pas, je ne sais plus, je ne sais plus rien, je ne vois plus rien. Puis tout à coup, tout se rallume.
Je m’aperçois enfant et traversant un bac à sable de long en large. Tout me reviens à présent de cette traversée du désert: ce lieu sans route préétablie, ce paysage de dunes à perte de vue et cette solitude. Oui, cette solitude des âmes qui cherchent un point d’eau en vain. Dans ce voyage hostile, notre ombre même ne se risque pas. Et puis, il y a cette terre que l’on est incapable de marquer au fer rouge puisque nos pas derrière nous se déforment dans le grain terrestre et finissent par mourir dans les sables mouvants du vide. Néanmoins, je vivais de véritables épopées dans ce bac à sable. Ses angles symbolisaient pour moi les quatre coins du monde, cette rose où les vents nous emportent. J’étais la reine des nomades dans mon royaume de sable et ma richesse résultait de ma possession de maints châteaux.
Alors tantôt j’allais à l’Ouest explorer la forêt amazonienne dans laquelle mon corps devenait fluide et se fondait dans cette masse de paysages feuillus. Mais las de ne pas être à la hauteur des fruits exotiques je m’en allais au Pôle Sud me perdre au fin fond de la banquise, dans ce bout du monde, ce désert de glace qui créait dans mon cœur une boule de marbre lourde si lourde! Le grand froid n’a jamais été pour moi une réussite! Alors faisant demi-tour en m’accordant une petite halte aux Triangle des Bermudes, gouffre de l’oubli, je me dirigeais vers le nord, battant en retraite dans les Highlands écossais, dans un monde pris en étaux entre ciel et terre. Et l’automne faisait son œuvre de purification mais en même temps que le vent balayait les feuilles des arbres, il grisait ma peau. Là, regardant le reflet que me renvoyaient les eaux du lac, je m’aperçus que j’avais vieilli.
L’Est ou j’allais bientôt accoster mettrait un terme au cycle de ma vie. Oui, la petite goutte de sang a bien voyagé et longtemps. Cette ultime goutte qui ruisselle sur ma main arrivera sous peu à la fin de son périple sur la ligne de vie. Mais pour l’instant, elle avance, elle roule, plus rien ne peut l’arrêter. Elle est, elle aussi, reine des nomades. Elle est, elle aussi, solitaire. La plaie d’où elle est née, son point de départ, sa ligne de démarcation restera le seul souvenir qu’elle me laissera alors que moi sur le chemin de ma vie, j’ai laissé mon empreinte, j’ai laissé un peu partout des indices de mon être, de ma visite. Mais soudain, une patte d’oie se dresse se dresse devant cette gouttelette sanguinolente. Doit-elle mettre le cap à droite ou à gauche? Elle hésite mais il ne revient pas à elle ce choix car c’est mon sang, mon voyage, ce pourquoi je me bas.
Je ferme alors les yeux et retourne ma main. Elle, emportée par son poids, amorce son ultime trajet en chute libre pour enfin s’écraser au sol comme mon verre. Je nettoie le tout et panse grossièrement ma ligne de vie. Je croyais que mon périple s’achèverait une fois dans mon lit vidée de tout mon sang. Mais la douleur de ma main est à présent insoutenable. Le fantôme de la goutte est toujours en moi. Il me tiendra éveillée jusqu’au petit jour, il me tiendra immobile sur une route sans fin, sur une route sans point de fuite ni retour. Quelle est la prochaine étape? Où est-ce que je vais?
mercredi 22 octobre 2008
mardi 21 octobre 2008
LA TACHE

Les murs avaient été mal repeints, à tel point que les taches de cigarette que le Maître avait laissées ressortaient encore plus. Elle aurait aimé que les murs soient blancs, propres, nets. Mais ils ne l’étaient pas. Le Maître avait vidé la pièce. Il ne restait que deux tables et une chaise. Pourquoi deux tables ? Elle n’en savait rien. Elle aimait le bureau qui était placé près de la fenêtre. Le Maître ne l’avait pas condamnée. Elle l’ouvrit donc pour goûter ce qu’elle appelait un "petit bout de réel".
L’air dans ses narines l’agressait et contrastait de manière presque brutale avec l’odeur de soufre qui régnait dans le cabinet du Maître. Parfois, il lui arrivait de se demander quand est-ce qu’elle pourrait ouvrir entièrement la fenêtre, puis les portes, puis, puis… autre chose, aussi. Mais elle ne savait pas quoi. Tout était grisâtre, jaunâtre et verdâtre. Alors, elle se penchait à la fenêtre et respirait l’odeur de la nuit, de la ville, de la vie.
Les visites du Maître étaient rares, mais elle avait pour habitude de l’attendre, encore et toujours, sachant pertinemment qu’il ne viendrait pas, et que c’était peine perdue de mettre la robe en lin rose qu’il lui avait offerte. Même pas de livres pour la consoler, juste des taches de nicotine sur les murs. Elle imaginait que c’était des nuages, et leur donnait des formes, des couleurs et des structures : jeu d’enfant que d’inventer sa vie.
Un jour, elle remarqua une tache différente des autres. Cette tache était plus grosse, plus rouge, plus brillante. Tache de sang peut-être ? Ou tache de rouge à lèvres ? Dans les deux cas, cette tache attirait son oeil. Elle lui parlait. Enfin, elle imaginait un dialogue. Parce que depuis dix ans qu’elle était enfermée dans la pièce, aucun mot ne sortait de sa bouche. Elle avait bien essayé une ou deux fois de hurler, de sortir. Mais en vain.
Pourtant, de la fenêtre ouverte, elle aurait pu essayer de sauter, de partir, de courir respirer l’air de la ville, l’air de la foule, l’air de la vie. Mais rien. Quelque chose l’empêchait. Quelque chose que personne ne pouvait comprendre. Même pas elle.
Pourtant, le suicide, elle y avait pensé. Sauter et ne plus sentir le poids de son corps. Sauter, puis le vide. Cette idée ne lui faisait pas peur. Non, c’était autre chose. Comme une attraction qui la poussait à rester dans cette pièce maudite, avec cette tache de rouge à lèvres ou de sang.
L’air qui passait dans ses narines l’agressait. Pourtant le bruit de la foule, le bruit de la ville, le bruit de la vie, elle avait bien essayé de l’entendre. Mais le Maître était là. Il était toujours là, même dans ses absences, mêmes dans ses silences.
Et sur le mur d’en face, cette tache, de rouge à lèvres ou de sang, vingt ans qu’elle était là. Peut-être trente. Elle ne savait pas. Alors parfois elle essayait de se lever, mais trop faible, trop fragile, trop frêle pour goûter le bruit de la vie, le bruit de la foule et de la ville, elle tombait. Elle restait un long moment sur le sol. Pas de bruit. Juste le silence qui pesait lourd, très lourd sur sa conscience. Juste un cauchemar. Cet enfant, la mer de sang. Et puis plus rien.
Le Maître avait dit une fois qu’elle ne servait à rien, qu’elle était muette, qu’elle était inapte, impropre à la vie, à la ville, à la foule. Et à la mort aussi.
Condamnée à ne pas bouger, à ne pas parler, à ne pas mourir, elle respirait cet air qui l’agressait, respirait par habitude, par mécanisme, par doute.
Voilà ce qui lui restait. Elle et sa robe de lin rose, elle et sa peau trop pâle. Elle et son manque d’équilibre. Elle et les absences du Maître.
Il avait la clé du monde, de son monde. Il avait aussi la clé de son corps, de son coeur, de son esprit. Elle n’était pas prisonnière de la pièce. Elle était la prisonnière d’un cerveau, d’un esprit tordu, jaloux, malade. Prisonnière d’un tableau jauni par le temps, jauni par les larmes, jauni par les cris qu’elle ne pouvait plus pousser. Prisonnière enfin, comment sortir de la pièce ? lorsqu’on est la prisonnière d’une idée, d’une envie, d’un besoin.
L’air qu’elle respirait dans ses narines l’abattait, encore plus fort que les autres soirs. Et la tache de rouge à lèvres, ou de sang, était devenue une mare, un ruisseau, un étang. Peut-être même un océan.
Et si un jour elle s’ouvrait les veines ? Est-ce qu’elle pourrait enfin sortir du tableau ? Respirer la ville, respirer la foule, respirer la vie ? Plus d’enfant, plus de vague, et plus de cauchemar. Plus de Maître. Mais autre chose d’encore plus terrifiant qui la faisait trembler à chaque fois qu’elle y songeait. Cette autre chose, elle n’avait pas de mot pour l’exprimer, pas de mot pour sortir sa douleur, ses peurs, ses doutes. Elle n’avait pas de mot pour sortir de cette pièce, de cette toile, de ce tableau qu’elle détestait par dessus tout. Enfin, elle n’avait pas de mot pour hurler au Maître qu’il n’avait pas le droit de l’enfermer, de la séparer de la vie et du bruit. Et de ce petit être qu’il avait un jour emporté comme la vague de ses cauchemars avait englouti l’enfant dans un océan de larmes.
dimanche 19 octobre 2008
Il était une fois.
Il était une fois un pays qui ne connaissait pas les beaux jours. Ni soleil, ni fleurs ne venaient l’égayer. C’était un endroit triste, sans vie presque. Seuls les poissons de la rivière glissaient mélancoliquement dans l’eau grise. Eau qui ne produisait aucun clapotis.
Il n’y avait pas de vent faisant danser les feuilles. Il ne pleuvait pas mais le ciel était gris. Aucun oiseau ne volait dans ce décor de film glauque.
Il y aurait pu y avoir des fleurs, leur couleur aurait été grisâtre, prenant la teinte des prairies alentours. La seule maison existante au centre du paysage n’était pas en ruine mais tout portait à croire qu’elle allait le devenir. Les fissures commençaient à manger les murs et les volets clos étaient rongés par l’usure du temps. On aurait pu enfoncer la porte d’un coup de pied, elle serait tombée en poussière, révélant une pièce sombre. Il y avait une grande table de bois, autrefois somptueuse, il n’y avait plus de chaises. La pièce qui avait dû servir de lieu de vie était aujourd’hui morte, la saleté s’accaparant le moindre centimètre carré de mur libre.
L’espace délimité autour de la masure et qui avait dû servir de jardin était en friches. Les feuilles et arbustes morts craquaient sous la semelle et la petite boite aux lettres n’avait plus de porte.
On voyait la rivière qui s’étendait à perte de vue mais on ne l’entendait pas et elle s’enfonçait dans un horizon encore plus sombre. La nuit ne devait surement pas exister ici, le noir était déjà bien trop présent pour pouvoir s’attribuer le peu de lumière qui arrivait à filtrer à travers les nuages. Même les insectes restaient tapis sous la couche de feuilles flétries et il n’y avait plus d’animaux. Aucun arbre ne venait troubler la ligne grise du lointain. Seuls quelques arbustes rabougris essayaient encore en vain de protéger la propriété autrefois privée des voyageurs inexistants.
Un volet grinça alors qu’il n’y avait pas un brin d’air. En fait, ce n’était que la porte des combles que ma mère venait de pousser.
- On t’a déjà raconté l’histoire de ce tableau ? Me demanda-t-elle. Il était une fois…
- Un pays qui ne connaissait pas les beaux jours, continuai-je, ni soleil ni fleur ne venait l’égayer.
Ma mère sourit et referma la porte.
Au lieu de me replonger dans le décor, j’ouvris la fenêtre et sentis la douce chaleur du soleil venir me réchauffer le visage.
Il n’y avait pas de vent faisant danser les feuilles. Il ne pleuvait pas mais le ciel était gris. Aucun oiseau ne volait dans ce décor de film glauque.
Il y aurait pu y avoir des fleurs, leur couleur aurait été grisâtre, prenant la teinte des prairies alentours. La seule maison existante au centre du paysage n’était pas en ruine mais tout portait à croire qu’elle allait le devenir. Les fissures commençaient à manger les murs et les volets clos étaient rongés par l’usure du temps. On aurait pu enfoncer la porte d’un coup de pied, elle serait tombée en poussière, révélant une pièce sombre. Il y avait une grande table de bois, autrefois somptueuse, il n’y avait plus de chaises. La pièce qui avait dû servir de lieu de vie était aujourd’hui morte, la saleté s’accaparant le moindre centimètre carré de mur libre.
L’espace délimité autour de la masure et qui avait dû servir de jardin était en friches. Les feuilles et arbustes morts craquaient sous la semelle et la petite boite aux lettres n’avait plus de porte.
On voyait la rivière qui s’étendait à perte de vue mais on ne l’entendait pas et elle s’enfonçait dans un horizon encore plus sombre. La nuit ne devait surement pas exister ici, le noir était déjà bien trop présent pour pouvoir s’attribuer le peu de lumière qui arrivait à filtrer à travers les nuages. Même les insectes restaient tapis sous la couche de feuilles flétries et il n’y avait plus d’animaux. Aucun arbre ne venait troubler la ligne grise du lointain. Seuls quelques arbustes rabougris essayaient encore en vain de protéger la propriété autrefois privée des voyageurs inexistants.
Un volet grinça alors qu’il n’y avait pas un brin d’air. En fait, ce n’était que la porte des combles que ma mère venait de pousser.
- On t’a déjà raconté l’histoire de ce tableau ? Me demanda-t-elle. Il était une fois…
- Un pays qui ne connaissait pas les beaux jours, continuai-je, ni soleil ni fleur ne venait l’égayer.
Ma mère sourit et referma la porte.
Au lieu de me replonger dans le décor, j’ouvris la fenêtre et sentis la douce chaleur du soleil venir me réchauffer le visage.
jeudi 16 octobre 2008
DUREX
Ma chienne s’appelle Milka. Milka comme le chocolat. Et le plus étonnant, c’est que c’est vraiment une marmotte. Elle est gentille, gourmande, elle se fout pas mal de la pub qui vante la marque de ses croquettes. Pedigree, parce que votre chien le mérite. Moi je la copie, et je m’en suis aperçue ce matin. L’Oréal, parce que je le vaut bien. C’est exactement le même principe. Sauf que Milka, quand tu lui donnes du Pedigree ou de la pâtée pour chat, elle s’en fout du moment qu’elle a quelque chose à se mettre dans le gosier.
C’est une chienne d’assistance qui a faillie être réformée tellement elle était désobéissante. D’ailleurs, inutile de l’emmener à la fac. Remarque, ça me ferait une bonne attraction, une bonne pub à moi aussi.
Dans la série des chocolats, il y a ce poisson rouge qu’on voit tourner dans son bocal, coupable d’avoir trop mangé de mousse au chocolat, à tel point qu’on lui lance : « Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice ! ». C’est vrai, il a dépassé les bornes des limites, cette fois. Surtout lorsqu’il m’a présenté Michaël. Je dis ça parce que ce petit malin a eu la bonne idée de m’envoyer : « Tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice ! » comme sonnerie de téléphone. Alors, à chaque fois que je reçois un texto, j’entends les reproches de ma mère, les remarques désobligeantes de mon père, et toutes ces fichues normes de la société qui me répètent : « T’as trop mangé de mousse au chocolat, Marine ! »
Un jour, j’ai invité Michaël à la maison. Mauvaise idée ! Parce que son téléphone était rempli de sonneries débiles du style : « le plouf ça nous rend ouf ». Bref, machine à pub et joli séjour en perspective.
C’était pas un canon de beauté, pas comme le mec qu’on peut voir nu pour le parfum Boss. Mais bon, tant pis. J’avais besoin d’amour, et l’amour rend aveugle. Pourtant, j’aurais dû voir qu’il mesurait 1m 35, que même assise, je le dépassais. Il avait, à ce qu’il m’avait dit, un problème au genou, il boitait, mais je ne sais plus aujourd’hui si c’était pas dans sa tête que ça boitait.
En fait, c’était un voleur, un arnaqueur, un tricheur et un menteur, et je m’arrêterai là, sinon je vais tomber dans une vulgarité extrême, qui dépasserait la bienséance.
Premier jour : on regarde la télé en s’empiffrant de broonies aux pépites de chocolat, Papy Brossard, bien sûr. Tout va bien.
Deuxième jour : direction la FNAC à Nîmes pour aller chercher une je ne sais plus trop quoi. Il s’arrête, regarde les portables, -je précise les ordinateurs portables. Il me dit :
– T’en as un, toi !
Je lui réponds :
– Oui, un tout neuf, il a neuf mois.
– Ah ! c’est cool ! Moi, il m’en faudrait un pour le travail.
Car ce jeune homme a un emploi. Il travaille pour Solidarité Sida. D’ailleurs, en parlant de ça, il m’a fait décrypter toutes les pubs pour les préservatifs. C’était génial. Non, sans rigoler, j’aurais pu refaire le slogan : Durex, le bon réflexe !
Sauf que voilà : le troisième jour, quand on est rentrés à la maison, quand on est revenus de la FNAC, je n’ai pas eu le bon réflexe. Et le lendemain, un joli mot m’attendait sur la table : Bécasse, parce que tu le vaux bien.
Il m’avait piqué mon ordinateur. Et ma vie privée avec.
Cela dit, l’ordinateur, je m’en fous. Ça se change, on prend un crédit pour s’en racheter un autre, mais ça se change. Mais ma santé, c’est autre chose…
Alors, je me suis renseignée. Il ne travaille pas pour Solidarité Sida. Il n’a pas de difficultés pour marcher. Et il est recherché quasiment dans toute la France pour abus de confiance, vol et recel avec récidive.
Aujourd’hui, en allant à l’atelier d’écriture, j’ai mangé un Kitkat avec les deux femmes de ma vie en me disant que ce serait trop con de m’en aller car elles ne pourraient plus m’admirer en train de m’étouffer avec une barre chocolatée.
Alors, les amis, moi je vous le dis : Ayez toujours ce slogan en tête : Durex, le bon réflexe !
C’est une chienne d’assistance qui a faillie être réformée tellement elle était désobéissante. D’ailleurs, inutile de l’emmener à la fac. Remarque, ça me ferait une bonne attraction, une bonne pub à moi aussi.
Dans la série des chocolats, il y a ce poisson rouge qu’on voit tourner dans son bocal, coupable d’avoir trop mangé de mousse au chocolat, à tel point qu’on lui lance : « Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice ! ». C’est vrai, il a dépassé les bornes des limites, cette fois. Surtout lorsqu’il m’a présenté Michaël. Je dis ça parce que ce petit malin a eu la bonne idée de m’envoyer : « Tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice ! » comme sonnerie de téléphone. Alors, à chaque fois que je reçois un texto, j’entends les reproches de ma mère, les remarques désobligeantes de mon père, et toutes ces fichues normes de la société qui me répètent : « T’as trop mangé de mousse au chocolat, Marine ! »
Un jour, j’ai invité Michaël à la maison. Mauvaise idée ! Parce que son téléphone était rempli de sonneries débiles du style : « le plouf ça nous rend ouf ». Bref, machine à pub et joli séjour en perspective.
C’était pas un canon de beauté, pas comme le mec qu’on peut voir nu pour le parfum Boss. Mais bon, tant pis. J’avais besoin d’amour, et l’amour rend aveugle. Pourtant, j’aurais dû voir qu’il mesurait 1m 35, que même assise, je le dépassais. Il avait, à ce qu’il m’avait dit, un problème au genou, il boitait, mais je ne sais plus aujourd’hui si c’était pas dans sa tête que ça boitait.
En fait, c’était un voleur, un arnaqueur, un tricheur et un menteur, et je m’arrêterai là, sinon je vais tomber dans une vulgarité extrême, qui dépasserait la bienséance.
Premier jour : on regarde la télé en s’empiffrant de broonies aux pépites de chocolat, Papy Brossard, bien sûr. Tout va bien.
Deuxième jour : direction la FNAC à Nîmes pour aller chercher une je ne sais plus trop quoi. Il s’arrête, regarde les portables, -je précise les ordinateurs portables. Il me dit :
– T’en as un, toi !
Je lui réponds :
– Oui, un tout neuf, il a neuf mois.
– Ah ! c’est cool ! Moi, il m’en faudrait un pour le travail.
Car ce jeune homme a un emploi. Il travaille pour Solidarité Sida. D’ailleurs, en parlant de ça, il m’a fait décrypter toutes les pubs pour les préservatifs. C’était génial. Non, sans rigoler, j’aurais pu refaire le slogan : Durex, le bon réflexe !
Sauf que voilà : le troisième jour, quand on est rentrés à la maison, quand on est revenus de la FNAC, je n’ai pas eu le bon réflexe. Et le lendemain, un joli mot m’attendait sur la table : Bécasse, parce que tu le vaux bien.
Il m’avait piqué mon ordinateur. Et ma vie privée avec.
Cela dit, l’ordinateur, je m’en fous. Ça se change, on prend un crédit pour s’en racheter un autre, mais ça se change. Mais ma santé, c’est autre chose…
Alors, je me suis renseignée. Il ne travaille pas pour Solidarité Sida. Il n’a pas de difficultés pour marcher. Et il est recherché quasiment dans toute la France pour abus de confiance, vol et recel avec récidive.
Aujourd’hui, en allant à l’atelier d’écriture, j’ai mangé un Kitkat avec les deux femmes de ma vie en me disant que ce serait trop con de m’en aller car elles ne pourraient plus m’admirer en train de m’étouffer avec une barre chocolatée.
Alors, les amis, moi je vous le dis : Ayez toujours ce slogan en tête : Durex, le bon réflexe !
dimanche 12 octobre 2008
Vive la volonté...
Vive la volonté...
Il y a bien longtemps de cela, un peuple de grands fainéants vivait au bord du Grand Fleuve. Dans ce peuple vivait Yammas et Gabbas, deux amis, qui se disputaient pour savoir lequel des deux ferait le plus de mal possible...
Yammas, je te dis que priver de nourriture la famille de gourmand n'est pas vraiment quelque chose de méchant.
Pourtant, si tu voyais comment ils ont fini. Il a tout de même mangé sa femme...
Oui, mais même.
Bon soit... Tu te souviens du crocodile ?
Ouais pourquoi ?
Il est mort... J'en ai fait un sac à main, je vais l'offrir à ma mère.
Elle le verra pas...
Pourquoi donc ?
J'ai voulu tester mes nouvelles lances ce matin... Elle y a perdu ses yeux.
Bof... C'est l'intention qui compte...
Mais je comprends mieux maintenant pourquoi il n'y avait plus le crocodile l'autre jour...
Comment ça ?
Maman avait envie d'une dinde farcie.
Mais on a pas de dindes ici...
Je sais, mais bon, vu la taille de la poule, c'était comme si...
Et pour la farce ?
Ben, c'est du fait maison. Avec le "cœur"...
Et elle l'a mangé ?! Elle sait ce que t'as fait à cette pauvre poule ?!!
Non, c'est la surprise du chef... hé hé...
... Mouais. Bon sinon, l'autre jour je suis allé voir les orphelins exilés.
Pourquoi faire ?
Ben leur rappeler qu'il y a bientôt la fête des mères...
T'es salaud quand même.
Je sais... Hé hé hé...
Remarque, tu me diras je suis pas mieux, enfin si je suis mieux que toi.
Pourquoi ?
Le couple qui peut pas avoir d'enfants, je suis allé les voir et leur ai dit qu'il y avait un village avec plein d'orphelins, et qu'ils pouvaient aller s'y servir.
C'est pas méchant ça.
Si par ce que j'ai mis le feu au village. Ils pouvaient encore choisir parmi les survivants. Enfin seulement si ils survivaient aussi à l'assaut des gros animaux. Résultats des ourses, sur les 6 restants, 3 se sont fait écraser par des éléphants, 2 se sont fait manger par les lions, et le dernier est tombé a l'eau... Il s'appelait Grégorie, il avait un pyjama, ça devrai aller pour lui... Enfin, si il a de la volonté...
Et ensuite ?
Ben, parmi les deux gosses mangés, il y en avait un pas tout à fait mort. J'ai dit au couple, que si ils me laissaient une semaine, je pourrais lui recoudre les morceaux manquants avec les restes des autres morts... De toute façon, c'est pas les parents qui vont venir réclamer les dépouilles... Hé hé hé..! Bon, je vais te laisser, Aladin vient manger à la maison, et j'ai pas fini de faire cuire Jasmine. Je l'ai étouffé avec son foie, mais il est resté coincé dans sa bouche... Donc je vais la faire cuire à la broche, et présenter comme un cochon, sauf qu'à la place de la pomme , c'est un foie... C'est pas grave, 'faut varier les plaisirs.
T'es encore plus pourri que ce que je pensais...
Plus que toi ?
Non quand même pas...
Tu en es sûr ?!
Bien sûr...
Tu te souviens de la vieille dans la rue ? Celle sans famille ?
Oui.
Je l'ai violé. Et quand elle m'a menacé d'aller au poste, pour me dénoncer, je l'ai tué... Et dépecé vive aussi. Mais je l'ai aussi épluché.
...Hien ?! Raconte !
Ben avec un économe, lambeaux pas lambeaux, je lui ai enlevé la peau du visage... Un peu comme une pomme. Par contre, je savais pas qu'il pouvait y avoir autant de sang dans une arcade sourcilière... Après j'ai commencé à la dépecer, mais comme elle criait trop, j'ai fini par l'égorger...
Et le corps ? Tu l'as déplacé ?
Ça va pas ?! Non ! On est des fainéants...
C'est vrai...
Non mais ces vieux quand même... Je te jure, aucune reconnaissance, un viol à 65 ans, c'est pas un viol, c'est un service rendu...
T'es sans morale...
Moi ? Non. Par contre il y en a une à tout ça.
Ah bon ?
Ouais. Dans la vie, il faut toujours un peu de volonté. Il en faut pour survivre à une chute à l'eau, il en faut aussi pas mal pour violer une vieille... Et encore plus pour reconnaitre que ce n'est pas un viol, mais un acte de charité...
Et pour se lever aussi...
Il y a bien longtemps de cela, un peuple de grands fainéants vivait au bord du Grand Fleuve. Dans ce peuple vivait Yammas et Gabbas, deux amis, qui se disputaient pour savoir lequel des deux ferait le plus de mal possible...
Yammas, je te dis que priver de nourriture la famille de gourmand n'est pas vraiment quelque chose de méchant.
Pourtant, si tu voyais comment ils ont fini. Il a tout de même mangé sa femme...
Oui, mais même.
Bon soit... Tu te souviens du crocodile ?
Ouais pourquoi ?
Il est mort... J'en ai fait un sac à main, je vais l'offrir à ma mère.
Elle le verra pas...
Pourquoi donc ?
J'ai voulu tester mes nouvelles lances ce matin... Elle y a perdu ses yeux.
Bof... C'est l'intention qui compte...
Mais je comprends mieux maintenant pourquoi il n'y avait plus le crocodile l'autre jour...
Comment ça ?
Maman avait envie d'une dinde farcie.
Mais on a pas de dindes ici...
Je sais, mais bon, vu la taille de la poule, c'était comme si...
Et pour la farce ?
Ben, c'est du fait maison. Avec le "cœur"...
Et elle l'a mangé ?! Elle sait ce que t'as fait à cette pauvre poule ?!!
Non, c'est la surprise du chef... hé hé...
... Mouais. Bon sinon, l'autre jour je suis allé voir les orphelins exilés.
Pourquoi faire ?
Ben leur rappeler qu'il y a bientôt la fête des mères...
T'es salaud quand même.
Je sais... Hé hé hé...
Remarque, tu me diras je suis pas mieux, enfin si je suis mieux que toi.
Pourquoi ?
Le couple qui peut pas avoir d'enfants, je suis allé les voir et leur ai dit qu'il y avait un village avec plein d'orphelins, et qu'ils pouvaient aller s'y servir.
C'est pas méchant ça.
Si par ce que j'ai mis le feu au village. Ils pouvaient encore choisir parmi les survivants. Enfin seulement si ils survivaient aussi à l'assaut des gros animaux. Résultats des ourses, sur les 6 restants, 3 se sont fait écraser par des éléphants, 2 se sont fait manger par les lions, et le dernier est tombé a l'eau... Il s'appelait Grégorie, il avait un pyjama, ça devrai aller pour lui... Enfin, si il a de la volonté...
Et ensuite ?
Ben, parmi les deux gosses mangés, il y en avait un pas tout à fait mort. J'ai dit au couple, que si ils me laissaient une semaine, je pourrais lui recoudre les morceaux manquants avec les restes des autres morts... De toute façon, c'est pas les parents qui vont venir réclamer les dépouilles... Hé hé hé..! Bon, je vais te laisser, Aladin vient manger à la maison, et j'ai pas fini de faire cuire Jasmine. Je l'ai étouffé avec son foie, mais il est resté coincé dans sa bouche... Donc je vais la faire cuire à la broche, et présenter comme un cochon, sauf qu'à la place de la pomme , c'est un foie... C'est pas grave, 'faut varier les plaisirs.
T'es encore plus pourri que ce que je pensais...
Plus que toi ?
Non quand même pas...
Tu en es sûr ?!
Bien sûr...
Tu te souviens de la vieille dans la rue ? Celle sans famille ?
Oui.
Je l'ai violé. Et quand elle m'a menacé d'aller au poste, pour me dénoncer, je l'ai tué... Et dépecé vive aussi. Mais je l'ai aussi épluché.
...Hien ?! Raconte !
Ben avec un économe, lambeaux pas lambeaux, je lui ai enlevé la peau du visage... Un peu comme une pomme. Par contre, je savais pas qu'il pouvait y avoir autant de sang dans une arcade sourcilière... Après j'ai commencé à la dépecer, mais comme elle criait trop, j'ai fini par l'égorger...
Et le corps ? Tu l'as déplacé ?
Ça va pas ?! Non ! On est des fainéants...
C'est vrai...
Non mais ces vieux quand même... Je te jure, aucune reconnaissance, un viol à 65 ans, c'est pas un viol, c'est un service rendu...
T'es sans morale...
Moi ? Non. Par contre il y en a une à tout ça.
Ah bon ?
Ouais. Dans la vie, il faut toujours un peu de volonté. Il en faut pour survivre à une chute à l'eau, il en faut aussi pas mal pour violer une vieille... Et encore plus pour reconnaitre que ce n'est pas un viol, mais un acte de charité...
Et pour se lever aussi...
lundi 6 octobre 2008
Et le monde fut créé...
Au commencement, il y avait une énorme goutte de lait alors arriva Doondari et il créa la pierre. Mais comment cela est-il arrivé? Tout n'était qu'un immense sablier. Néanmoins, il n'était pas rempli de sable comme les autres mais de lait qui restait en suspens dans la partie supérieure.
Quand soudain une légère vibration sortie tout droit du néant qui entourait ce sablier le percuta et amorça le compte à rebours. Une goutte tomba, une vibration frappa et ainsi desuite. Tout s'enchaina dans une alternance infinie. Et c'est comme cela que le vent et la mer furent crées.
Les ondes provoquées par le vent froissaient la peau laiteuse de cette mer. Puis, Doondari arriva, on ne sait d'où ni comment mais certains se plaisent à croire qu'il est né d'une vibration maritîme et que le vent l'a emporté hors du sablier et qu'une fois adulte et accompli, il revînt vers sa mère se blottir dans ses bras fluides et blancs comme la neige. Mais tout a une fin et celle-ci se retira dans les bas fonds. La mer perdit sa couleur pure et ne devînt que l'ombre de la peau grisâtre de la défunte qui reposait six pieds en dessous d'elle. De là, se séparèrent l'eau et le lait qui devînt le sable, les cendres d'une âme éteinte. Doondari venait de perdre une moitié de lui, une moitié de vie.
Alors, le vent gémissant en canon avec lui, emporta ses larmes dans la partie supérieure du sablier. Elles stagnèrent comme aux premiers instants et se cristallisèrent formant ainsi un ciel de lait. Mais Doondari ne put freiner sa peine et le vent ne put arrêter l'ascension de ses larmes. L'espace manqua et le verre du sablier trop plein éclata laissant les larmes cristallisées en apesanteur. Elles étaient devenues dures comme du marbre et aussi rondes qu'une noix de coco dont le lait aurait caillé et elles rencontrèrent la mer qui s'agrippa à elles. La Terre fut créée. Alors les cendres de la défunte s'éparpillèrent dans le néant qui s'illumina de mille feux. Les poussières d'étoiles prirent place, l'univers apparut et le soleil, la plus grosse étoile, le coeur d'une mère, s'embrasa comme une torche.
Au commencement, il n'y avait qu'une énorme goutte de lait et Doondari arriva et il créa la pierre. Comme quoi, il a suffit d'un peu de lait et de l'enfant d'une onde pure pour réaliser une parcelle de terre, des mers, une faune, une flore, un petit monde et un cycle de vie.
Quand soudain une légère vibration sortie tout droit du néant qui entourait ce sablier le percuta et amorça le compte à rebours. Une goutte tomba, une vibration frappa et ainsi desuite. Tout s'enchaina dans une alternance infinie. Et c'est comme cela que le vent et la mer furent crées.
Les ondes provoquées par le vent froissaient la peau laiteuse de cette mer. Puis, Doondari arriva, on ne sait d'où ni comment mais certains se plaisent à croire qu'il est né d'une vibration maritîme et que le vent l'a emporté hors du sablier et qu'une fois adulte et accompli, il revînt vers sa mère se blottir dans ses bras fluides et blancs comme la neige. Mais tout a une fin et celle-ci se retira dans les bas fonds. La mer perdit sa couleur pure et ne devînt que l'ombre de la peau grisâtre de la défunte qui reposait six pieds en dessous d'elle. De là, se séparèrent l'eau et le lait qui devînt le sable, les cendres d'une âme éteinte. Doondari venait de perdre une moitié de lui, une moitié de vie.
Alors, le vent gémissant en canon avec lui, emporta ses larmes dans la partie supérieure du sablier. Elles stagnèrent comme aux premiers instants et se cristallisèrent formant ainsi un ciel de lait. Mais Doondari ne put freiner sa peine et le vent ne put arrêter l'ascension de ses larmes. L'espace manqua et le verre du sablier trop plein éclata laissant les larmes cristallisées en apesanteur. Elles étaient devenues dures comme du marbre et aussi rondes qu'une noix de coco dont le lait aurait caillé et elles rencontrèrent la mer qui s'agrippa à elles. La Terre fut créée. Alors les cendres de la défunte s'éparpillèrent dans le néant qui s'illumina de mille feux. Les poussières d'étoiles prirent place, l'univers apparut et le soleil, la plus grosse étoile, le coeur d'une mère, s'embrasa comme une torche.
Au commencement, il n'y avait qu'une énorme goutte de lait et Doondari arriva et il créa la pierre. Comme quoi, il a suffit d'un peu de lait et de l'enfant d'une onde pure pour réaliser une parcelle de terre, des mers, une faune, une flore, un petit monde et un cycle de vie.
Inscription à :
Articles (Atom)